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Dégustations tous azimuts en avril et mai

Les festivités s’ouvrent ce vendredi 23 mars dès 14 h. au Kursaal à Berne: la Mémoire des vins suisses présentera les vins sélectionnés auprès de quelque 55 producteurs de toute la Suisse, de 14 h. à 19 h. Une excellente occasion d’aborder en lever de rideau les deux mois les plus riches en dégustations de toute l’année et dans toute la Suisse, dont le point d’orgue demeure les «caves ouvertes» auxquelles aucune région n’échappe. On dégustera les premiers 2016, où la vendange 2016 a été abondante dans les vignobles lémaniques alors que le résultat sur l’ensemble du pays, avec 105 millions de litres, relativise cette abondance.

S’y ajoutent les deux salons concurrents lémaniques, Divinum à Morges, du 5 au 10 avril, et Arvinis, qui a déménagé de Morges pour Montreux, du 26 avril au 1er mai. Il faut dire que Côte vaudoise, principale région de production des vins vaudois, affiche un remarquable dynamisme, avec son projet de Maison des Vins à Mont-sur-Rolle.

La région de Neuchâtel sera à l’honneur avec le chef-lieu nommé Ville du Goût et le chef de cuisine Claude Frôté, promu parrain de la Semaine suisse du Goût 2017, du 14 au 24 septembre, qui coïncide avec celle des vins suisses. Qui sait que ce bourgeois de La Neuveville (BE) est aussi producteur de chardonnay et de pinot noir élevés à la bourguignonne?

Notre reportage au Japon, dans la Préfecture de Yamanachi, à la poursuite du cépage koshu, qui est au Japon ce que le chasselas est à la Suisse, vient de paraître dans le magazine Hôtellerie & Gastronomie Hebdo. L’Asie, Chine en tête, paraît la planche de salut des producteurs de vins: le blanc, faut-il le rappeler, n’y est guère en odeur de sainteté…

Je suis rentré de mon «Giro d’Italia» des nouveaux millésimes mis sur le marché, et qui varient d’une DOCG à l’autre. Voici les 112 vins que j’ai préférés sur quelque 500 dégustés. Avant les divers crus les plus appréciés en Toscane et en Ombrie, nous avons débuté à Vérone, patrie de l’Amarone, toujours en question.

Nous avions débuté très fort l’année 2017. D’abord, en dégustant sur place des bordeaux 2014 mis en bouteilles. Le résultat des courses en deux temps: dans un fichier, les crus classés 1855 de la rive gauche, puis, après une dégustation de crus classés, à Genève, nos Saint-Emilion préférés, avec les sauternes et les graves blancs. Et on va retourner à Bordeaux, début mars, pour participer au Concours mondial du sauvignon, organisé par le Concours Mondial de Bruxelles, qui se tiendra à Valladolid, en Espagne, début mai (nous y serons aussi).

Début février, Berne a publié son projet d’ordonnance sur le vin soumis à consultation durant le printemps. Rappelons qu’il y a trois ans, l’«affaire Giroud» (et d’autres) avaient révélé des dysfonctionnements graves à tous les étages du contrôle des vins en Suisse, que nous avions résumés pour le magazine L’Hebdo. Et dont l’éditeur Ringier-Axel Springer a annoncé le 23 janvier 2017, la cessation de parution le 2 février, après 35 ans — on y avait écrit parfois et publié la plus grande partie d’un hors-série, «Les 100 meilleures caves de Suisse romande» (automne 2013). Sur le papier, cette réforme d’un contrôle des vins étendu à tous les producteurs de Suisse, grands et petits, frappe fort et juste.

De France, et non de Chine, début février, nous avons appris une triste nouvelle: le décès, d’une crise cardiaque, à 75 ans, d’un pionnier français du vin chinois, Gérard Colin. C’est lui qui, il y a dix ans, nous avait ouvert les yeux sur le phénomène du vin chinois. En octobre dernier, près de Pékin, nous avons dégusté une sélection des meilleurs vins de ce futur grand du vin — en consommation et en production. Il y manquait Ao Yun, dégusté à Lausanne début décembre, le vin produit dans la région mythique de Shangri-La par LVMH.

Pierre Thomas, journaliste libre.